• La colère peut cacher d'autres émotions.

 

La colère est une émotion primaire.

 

Mais dans certaines situations, des émotions peuvent être présentes en nous sans être ressenties consciemment.

 

C'est pourquoi parfois la colère n'est qu'une émotion que j’appellerais "secondaire".

 

C'est-à-dire qu'elle vient seconder une ou plusieurs émotions.

 

Elle devient alors une émotion que l'on ressent, que l'on exprime, et/ou que l'on montre, mais elle ne représente que la partie émergée de l'iceberg.

 

 

- Je vais illustrer mes propos avec un exemple concernant la TRISTESSE ET L'ANXIETE :

 

Lucie vit avec Peter.

Après une longue journée de travail, ils se retrouvent pour le dîner.

Peter remarque que Lucie ne semble pas bien aller.

Il l'interroge.

Elle lui répond que tout va bien.

 

Ils continuent de dîner mais Lucie ne parle pas et dès qu'elle s'exprime elle est désagréable.

Peter insiste donc pour comprendre pourquoi elle réagit de cette façon.

Instantanément Lucie s'énerve et lui demande d'arrêter de l'interroger.

Peter, se sentant vexé et humilié, s'énerve à son tour en lui disant qu'il cherche à l'aider.

Lucie se lève de table en criant "laisse moi tranquille" et part dans la chambre.

 

Lucie se sent mal. Mais ce qu'elle ne réalise pas, c'est que cette colère vient de sa tristesse refoulée.

 

De sa tristesse qu'elle ne veut pas (s')avouer.

De la tristesse qu'elle ne veut pas exprimer.

 

Car en ce moment Lucie est triste et angoissée.

Triste car tout ne se passe pas bien dans sa vie professionnelle.

Elle ne se sent pas à la hauteur dans son travail et a peur d'être "nulle".

Ne voulant pas s'avouer être triste et stressée face à cette situation et encore moins exposer ses problèmes à Peter, elle intériorise. Mais les tentatives de refoulement de sa tristesse et de ses angoisses engendrent de la colère.

 

Au fond :

 Lucie n'est pas en colère contre Peter.

Ni même oppressée par lui.

Non.

 

Au fond :

Lucie est oppressée par ses émotions refoulées.

Mais comme Lucie ne veut pas ressentir de tristesse, elle tente donc de contrôler ses émotions "dérangeantes" en les étouffant. Mais ces dernières n'étant pas extériorisées, la rendent agressive et à fleur de peau.

---

 

Pendant l'enfance et l'éducation, certains enfants ne cessent d'entendre "tu es fort.e, ne pleure pas", "tu dois être le/la meilleur.e, tu ne dois pas être faible", ou encore "arrête de te plaindre" etc.

 

Soumis.e.s à cet apprentissage, certain.e.s deviennent conditionné.e.s (pas seulement par l'éducation mais également par les diktats de la société) à cacher certaines émotions.

 

Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que bien que cachée, dissimulée et non exprimée, l'émotion reste présente. Et l'émotion ressurgit (ou ressurgira) de différentes façons, sous forme de mal-être, mauvaise humeur, agressivité, crises de nerf, et parfois sous différents troubles somatiques ou psychologiques. (cf voir l'article sur accueillir ses émotions)

 

Certaines personnes pensent pouvoir régler leurs problèmes d'agressivité, en travaillant sur la gestion de leur colère, alors que parfois le problème de base est différent, la cause est autre.

 

  • Ce n'est pas en forcément en travaillant sur la/les conséquences (cf. dans cet exemple : les crises de colère) que l'on règle la problématique initiale. En effet il est parfois nécessaire de travailler sur la/les causes (cf. dans cet exemple : apprendre et permettre l'expression des émotions/pensées/ressentis, refoulés ou non avoués/exprimés aux autres et/ou à soi-même...) que la/les conséquence(s) changera/changeront.

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Commentaires: 9
  • #1

    Julie F. (vendredi, 10 juillet 2015 15:09)

    Moi je retiens ma colère, jusqu'au jour où ça pète et ça part dans l'excès, hors de soit, crise de nerf... A cause de la tristesse souvent

  • #2

    Thomas LT (lundi, 13 juillet 2015 11:28)

    Ça fait réfléchir !!!

  • #3

    Myriam Garcia (mardi, 21 juillet 2015 10:24)

    Très bel article ! Merci

  • #4

    Caroline Ravaux (mardi, 21 juillet 2015 11:31)

    Très intéressant. Je reconnais le discours "Sois fort, un homme ça ne pleure pas... on ne va quand même pas faire une chochotte". Dans ma jeunesse, je le considérais comme archaïque mais je l'ai retrouvé en tant que maman. Est-ce une question de milieu, de région? Et c'est affreux de se dire que ça peut détruire un enfant ou lui faire du mal en tout cas

  • #5

    nicouvp (mardi, 28 juillet 2015 07:48)

    en ce moment tout à fait moi
    je suis en colère voir plus.
    conditionnée dès l'enfance pour paraitre. on ne dois jamais dire je vais mal
    si bien que je suis devenue anorexique boulimique

    là je pète comme on dit un plomb. voilà une vie détruite. car je sais que pour moi
    c'est fini

  • #6

    paulineodin (mardi, 28 juillet 2015 09:30)

    Bonjour @nicouvp, je comprends à quel point cela peut être difficile pour vous et combien le ressenti de la perte d'espoir est lourd à porter. Mais croyez-moi, en vous faisant aider et accompagner par les bonnes personnes vous réussirez à combattre cette souffrance et à ressentir un mieux-être voire un bien-être. Ne perdez pas espoir. Courage et n'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

  • #7

    R.D. (mercredi, 16 septembre 2015 18:14)

    Très intéressant. Je me reconnais bien dans cet description, je vais essayer de changer ça.
    merci pour cet article

  • #8

    Barbara (mardi, 18 août 2020 21:04)

    Très juste. C'est corporel et j'arrive pas à contrôler ma colère et notamment aujourdhui. Pourtant on prévient l'autre qu'il dépasse la limite mais il ne prends pas notre hypersensibilité au sérieux. Je suis déjà allée voir une psychanalyste au bout de 2 séances elle m'a fait comprendre que fallait pas que je revienne. Je lui en veux. Résultat on se sent encore plus seul et sans outil. Il faut quand même arrêter de croire qu'on peut résoudre ça en parlant calmement, ça rentre pas dans les oreilles de ceux qui finissent par se prendre la tornades d'émotions !

  • #9

    Soudy Laurie (mercredi, 30 septembre 2020 22:38)

    Bonjour en ce moment je suis vraiment pas bien je suis sûre les nerfs je m'enerve pour un rien je dors mal la nuit je me réveille et longue à m'endormir. Je pleure facilement sinon en activité je fais escalade mais la ses fermé pour le moment je suis dégoûter et sinon je chante dans une chorale. Plus se que j'aime faire écrire dessin colorier musique lire des bds et puzzle. Bonne soirée


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Article écrit par Pauline Odin, psychologue clinicienne, psychothérapeute, sophrologue, sur Issy-les-Moulineaux, à la limite de Clamart.